éditorial

968

Pierre Actual n°968 2/2018

#balancetonmétierd’art ?

La Loi travail veut réduire le nombre de branches professionnelles de sept cents à une centaine, ce qui devrait entraîner des regroupements de métiers d’art sous des conventions collectives de métiers industriels, au risque de voir les premiers perdre leur identité et leur capacité à se défendre.

Rappelons que parmi les 280 métiers d’art fixés par l’arrêté du 24/12/2015, figurent les marbriers, les tailleurs de pierre, les sculpteurs sur pierre, les graveurs sur pierre, les mosaïstes, les maçons du Patrimoine, les muraillers, etc.

Pour sécuriser l’avenir de ces métiers, l’Union Nationale des Métiers d’Art souhaite donc la création d’une branche spécifique, avec mesures fiscales particulières, par exemple une T.V.A. à 5,5 % comme pour les artistes.

La question qui se pose, en particulier pour plusieurs métiers de la pierre est de savoir si l’appellation métier d’art est justifiée et, au-delà, si l’image qu’elle renvoie est vraiment porteuse. Doit-on “enfermer” le marbrier, le tailleur de pierre ou le maçon du patrimoine dans les métiers d’art, alors que leur avenir, passe plus sûrement dans leur reconnaissance par le grand public comme des professionnels du bâtiment, de l’aménagement extérieur, de la restauration/rénovation ou de la décoration ?

Aujourd’hui intégrés aux conventions collectives du Bâtiment ou des Carrières et Matériaux, les métiers de la pierre auraient-ils intérêt à rejoindre une éventuelle branche “métier d’art” qui pourrait leur apporter des avantages au niveau fiscal ou en terme de formation ?

Le marbrier, le tailleur de pierre ou le maçon du Patrimoine peut-il s’asseoir sur la même branche qu’un chapelier, un lunetier ou un luthier, sans, de fait, commencer à la scier ?

Il sera intéressant de suivre l’évolution de ce dossier, alors que ce sont les 400 branches possédant moins de 5 000 salariés (hors agriculture), qui seront les premières à fusionner. L’an dernier, les chapeliers, tisseurs à domicile, rubaniers, tapissiers d’Aubusson-Felletin et fabricants de peignes de la Vallée de l’Hers et du Touyre... tous considérés comme métier d’art, ont été rattachés à des conventions collectives plus globales. De quoi motiver l’U.N.M.A. pour pousser son projet de branche.

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