éditorial

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n°999 12/2020

Attention au séparatisme ?

Séparatisme est le mot (et les maux) du moment, et il trouve de plus en plus de sens dans la filière pierre naturelle française, entre productions nationales et importations. Le SNROC a légitimement lancé une campagne dans la presse nationale pour défendre les produits français, en particulier dans le cadre d’achats publics d’aménagements urbains.

Dans le même sens, une nouvelle Indication Géographique concernant la Pierre d’Arudy a été récemment homologuée par l’INPI, ce qui porte à quatre le nombre d’IG assurant par ailleurs l’origine des granits bretons, de la pierre de Bourgogne et de la pierre marbrière de Rhône-Alpes.

En face, les matériaux importés occupent toujours une part majeure sur les marchés de la pierre en France, tous domaines d’utilisation confondus, que ces achats soient d’origine publique ou privée.

Comme maintes fois écrit dans ces colonnes, tout est question d’équilibre entre matériaux d’ici et de là-bas, en particulier dans le domaine sensible des achats publics. Attention simplement à ne pas stigmatiser à l’excès les maîtres d’ouvrage qui choisissent un matériau et des produits d’ailleurs. Il semble toujours préférable, même pour la filière pierre française, de choisir une pierre naturelle quelle que soit son origine, plutôt que du béton ou tout autre matériau à fabriquer.

Le SNROC joue en défense, et plutôt bien. La Profession pourrait aussi contre-attaquer dans le domaine de la promotion. Elle a par exemple quatre I.G. de pierre naturelle à faire connaître. Ne serait-ce pas le moment de passer un message de filière ?

Elle a aussi une chance historique à saisir pour valoriser les matériaux naturels, avant que dans le monde de demain, la céramique et toutes les autres matières premières manufacturées, qui sont en train de produire leur révolution verte, ne la ramène à son état de matériau d’alternance occasionnelle.

A moins que là encore le séparatisme ne soit de rigueur...

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