Editorial

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n°289 septembre 2018

Attention aux allégations fumeuses...

Après le terrain religieux, puis celui plus sociologique de “la Terre aux vivants”, la crémation et l’inhumation s’opposent sur le terrain on ne peut plus tendance actuellement, de leur impact environnemental.

Une chronique radiophonique a récemment affirmé que la crémation était trois fois moins polluante que l’inhumation, en se basant probablement sur une étude commandée par les Services Funéraires de la Ville de Paris, l’année dernière déjà, qui a comparé sur le périmètre de l’Ile de France, leurs émissions respectives de gaz à effet de serre et leur consommation d’énergies non renouvelables.

Sans entrer dans le détail de ses conclusions, l’étude explique que pour l’inhumation, 88 % de ses impacts - et donc l’essentiel de la différence avec la crémation - sont dûs à la destination du corps au cimetière sur un scénario de sépulture en pleine terre ou caveau, sans ou avec monument funéraire.

La formule pleine terre sans monument est moins polluante que la crémation, la formule caveau + monument l’est six fois plus, à cause du coût environnemental du  caveau en béton et de celui du monument, puisque selon l’étude, 80 % des monuments posés en Ile de France ont fait un voyage pouvant représenter jusqu’à 38 000 km !

Si on voulait nous convaincre que la crémation est la meilleure solution pour la destination des corps, on ne s’y prendrait pas autrement en terme d’hypothèse de travail...

Le problème n’est pas l’étude, qui conclut d’ailleurs elle-même sur les limites de certaines de ses évaluations, mais sur l’utilisation qui en est faite médiatiquement. L’auditeur qui a entendu la chronique est maintenant certain que la crémation est la meilleure solution environnementale pour lui, même si finalement l’urne qui le contiendra sera inhumée dans une concession avec caveau sous un monument fabriqué en Chine...

La Toussaint approche. La grande presse va ressortir ses habituels marronniers funéraires. L’occasion, peut-être pour les granitiers fabricants de monuments, et les défenseurs de l’inhumation en général, de rappeler quelques vérités environnementales...

Cette chronique radio aura au moins eu le mérite de mobiliser les granitiers français qui devraient demander prochainement au CTMNC, une Analyse de Cycle de Vie sur les monuments funéraires.

A suivre !

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