editorial

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n°286 mai 2018

«Montligeonnez» vous !

90 % de ce que vous apportez aux familles relèvent du psychologique, même dans la fourniture de produits et services que vous considérez a priori comme purement matériels. Rien ne ressemblerait aux funérailles que vous organisez si celles-ci ne contenaient pas des sentiments, des pensées et plus subtilement des postures face à l’inconnu de l’existence et de la mort.

Or vous en conviendrez aisément, nos contemporains ne peuvent plus vraiment compter sur un fond culturel et traditionnel pour les aider dans l’épreuve du deuil, l’Eglise catholique a perdu son importance de jadis dans la conduite des funérailles.

Nos contemporains n’ont pas remplacé pour autant un système de croyances par un autre. Disons que pour les deux tiers d’entre nous, c’est l’ère du vide, du flou, de l’expectative pour toute question ayant rapport à l’au-delà.

Et pourtant, notre territoire comprend un sanctuaire qui ne cesse de reprendre vigueur depuis une dizaine d’années, célèbre à l’échelle mondiale parmi les Chrétiens. Il s’agit de Montligeon, dans l’Orne, centre mondial de la prière pour les âmes du purgatoire.

Dans cette présentation, des mots écorchent l’entendement de plus d’un parmi vous : «âme», qu’est qu’une âme ?, «prière», cela sert à quoi ?, «purgatoire», c’est où ? ça existe encore ?… Chacun en pense ce qu’il veut  mais reconnaissez que sur le plan du principal face à la mort, le ressenti du deuil, les gens sont de plus en plus démunis.

En ce qui concerne la réponse du catholicisme, laissons de côté les préventions caricaturales qui condamnent la dispersion des cendres comme un retour au paganisme et laissons aussi les vôtres, de préventions, qui ont tôt fait de classer ceci ou cela comme de l’intégrisme.

Allez plus loin. Allez un jour à Montligeon, comme vous pourrez le faire ici page 35.

Vous y rencontrerez des personnes heureuses, calmes, positives et respectueuses de vous et de vos opinions. Pour qui prie-t-on ici ? En tout premier lieu pour ceux qui en ont le plus besoin (notamment ceux qui ont fait beaucoup de mal aux autres dans leur vie).

Y a-t-il quelque chose à comprendre à Montligeon ? : non !

Faut-il croire au Catholicisme pur et dur ? : pas forcément…

Alors qu’est-ce qui s’y passe ? : une communion. Entre qui et qui ? : entre personnes unies d’intention. Comment ? : par un processus qui a été enseigné par un juif ayant vécu il y a

2 000 ans dont vous connaissez probablement le qualificatif de «Jésus».

Pourquoi cela marcherait face à la mort ? : parce que cela marche aussi avec l’amour.

Petite explication : l’amour et la mort, les deux seuls sujets valant le coup d’être retenus dans l’existence (selon Georges Brassens), relèvent de la notion de distance. L’amour est une absence de distance, la mort est une distance infranchissable. Le Christianisme n’aurait pas existé sans la mort sur la croix dit-on. J’ose dire qu’il n’existerait pas sans l’amour parfait capable d’enfanter sans faire appel à l’animalité (virginité mariale dont les ignares se moquent sans comprendre le fond du sujet et peut être, du même coup, les bases de l’amour humain) Le Christianisme n’existerait pas non plus sans la manifestation christique d’un maintien d’existence après la mort physique.

Vous n’y croyez pas ? Très bien car ce n’est pas grave. Toutes les explications rationnelles compliquent le deuil, même (et surtout) celles apportées par le «psy».

L’important, c’est «le faire», c’est agir, c’est effectuer un pas, sans forcément le comprendre. La pensée intellectuelle s’oppose à la guérison du deuil.

Montligeon met en route l’endeuillé en lui donnant l’élan d’un collectif mondial et perpétuel. Ne laissez personne dans l’ignorance de cette possibilité, qu’elle se reconnaisse ou non dans une religion. C’est à elle d’en juger l’opportunité. Car sur le fond de la question, demander pardon au défunt ou le remercier comme le propose le sanctuaire de Montligeon, c’est déjà au minimum une résurrection pour ceux qui restent…

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