editorial

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n°278 jullet-août 2017

Editorial

Une subite accélération

Le funéraire est une spécialité professionnelle dépendant énormément du droit. Il faut le connaître, l’utiliser, en profiter ou s’en prémunir. Et ce, pas seulement depuis 1993.

De ce point de vue, la rentrée sera très riche et ce numéro est quasiment consacré au juridique.

Pour les amateurs, il n’y aura pas de frustration. Et même, de peur de vous saturer, nous avons fait sauter ce mois-ci la rubrique des questions/réponses juridiques.

Il n’y aura pas non plus de reproduction excessivement longue du journal officiel ce mois-ci, quand bien même c’est très souvent un exercice obligatoire d’information.

La contribution du ministère de la santé cet été reste modeste avec quelques pages concernant la liste des maladies incidentes sur le déroulé des funérailles. Pas de problème donc, la lecture du JO passe en buvant un grand verre d’eau.

Alors en fait, qu’est-ce qui nous permet d’affirmer une subite accélération du droit ?

Tout d’abord la très importante condamnation d’une entreprise de pompes funèbres à propos de la gestion de son crématorium. Il ne s’agit pas de placer qui que ce soit au pilori mais encore moins de se taire sur une décision à portée nationale, extraordinairement détaillée, instructive et assurément conséquente pour l’avenir de la gestion des crématoriums. Il y aura avant et après cette jurisprudence de l’Autorité de la Concurrence et de la Consommation.

Tout le monde a donc intérêt à étudier particulièrement ce dossier qui concerne, rappelons-le, la pratique crématiste bientôt majoritaire dans notre pays.

Or la crémation en plein développement a besoin d’instruments de régulation. Le crématorium sera souvent au cœur des stratégies de captation de clientèle via le choix de la destination finale et certainement aussi en parallèle au développement des convois payés par avance car les activités funéraires se concentrent de plus en plus au même endroit. En gros, gérer un crématorium relève de la même stratégie commerciale que jadis l’ouverture d’une marbrerie en face de l’entrée d’un cimetière. Voire plus comme à Viriat.

Dans ce contexte, les associations crématistes ont un grand rôle de défense à jouer au sein de comités d’éthique à développer partout et dans ses efforts d’information dont nous approuvons pleinement le nouvel essor depuis cette année.

Quant à nous, Funéraire Magazine assume aussi un rôle de régulation dans votre filière quand il se risque à traiter sans tabous et au-dessus des intérêts particuliers l’information qui vous concerne. De manière générale, la presse doit justifier son existence en équilibrant les rapports de force par une information juste, courageuse et pertinente, boîtes de cirage rangées de côté pour ne servir qu’avec parcimonie et bonhommie.

Ce mois-ci, nous justifierons notre existence en vous communiquant les éléments juridiques et commerciaux susceptibles de renverser le rapport de force entre les professionnels funéraires et l’amont financier. 2017 est pour nous dédiée à l’approche des sujets stratégiques sensibles qui inquiètent la plupart d’entre vous.

Après avoir réalisé fin décembre prochain plus que notre strict devoir d’information, ce sera ensuite à vous de prendre ou non le relais.

En 2018, nous reviendrons sur les sujets qui nous plaisent vraiment et qui vous concernent aussi au plus haut point : la maîtrise des cérémonies et les techniques d’intervention au cimetière, épicentre silencieux de votre avenir.

En effet, ne survivront aux appétits des plateformes que ceux connaissant leur cimetière local en y intervenant quotidiennement avec moyens et expertises.

Connaîtrons nous alors la revanche du marbrier qui a subi jadis l’assaut des Pompes Funèbres ? …

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