editorial, la fessée

272

n°272 janvier 2017

Editorial

La fessée

Le passage à 2017 a connu deux micro-évènements représentatifs de l’évolution des relations sociales en France, base du contenu des cérémonies funéraires.

L’un, très négatif en matière de repères, s’illustre avec la nouvelle loi égalité et citoyenneté, adoptée au forceps par le Parlement fin décembre et faisant l’objet d’un recours devant le Conseil Constitutionnel. L’autre, gratuit et sensible, illustre parfaitement la dynamique liant les individus entre eux. Il s’agit des adieux sur TF1 de la présentatrice de la météo, Catherine Laborde, qui a salué les téléspectateurs en leur disant : «je vous aime».

Venons en tout d’abord au négatif. En modifiant l’article 371-1 du Code civil, les députés veulent interdire les traitements cruels, dégradants ou humiliants envers les enfants. Rien de choquant apparemment sauf qu’en vérité, la moindre correction physique à un enfant devient illégale. Ainsi sera interdite la fessée administrée à un monstre bambin, candidat évident à la manifestation d’autorité de l’adulte du fait de son apprentissage au rapport de force.

Tous les enfants passent par une découverte de leurs limites, d’autant plus dans notre société où l’enfant consommateur est roi. A ma connaissance, dans tous les sondages concernant ce sujet, plus des trois quarts des Français approuvent le principe d’une sanction physique à condition qu’elle soit proportionnée, maîtrisée, justifiée et, quoi qu’en pensent les députés, bienveillante. «Qui aime bien châtie bien» répète la sagesse populaire.

Les députés de cette législature nous condamnent cependant à l’impuissance parentale en s’appuyant sur des thèses pédagogiques farfelues. Et personnellement, en tant qu’ancien maître de cérémonie, j’affirme qu’on peut faire beaucoup de choses intéressantes en matière de dernier hommage sauf avec des “cons” égocentriques et capricieux, comme on en rencontrera de plus en plus du fait de cette nouvelle loi.

Ceci étant exprimé, il me reste l’évocation agréable de l’adieu prononcé à la télé par Catherine Laborde. Il est représentatif de la force relationnelle qui nous unit en nous permettant de vivre ensemble. Le «je vous aime» est essentiel dans les funérailles, pas rien qu’entre la famille et son défunt mais aussi et surtout entre elle et l’assistance.

Plus encore, le «je vous aime» est important au sein de l’entreprise funéraire.

Comment, en effet, aimer la famille et son défunt sans aimer aussi son personnel technique ?

Au risque d’étonner ici, je désire témoigner qu’en tant que chef d’agence funéraire, j’ai aimé et j’aime encore les personnes avec qui j’ai eu l’honneur de travailler. Certaines sont d’ailleurs décédées aujourd’hui et mes pensées vont régulièrement vers elles.

Mais je voudrais simplement illustrer comment cet amour se manifestait. Je prenais un réel plaisir à l’achat de nouvelles tenues dont la qualité dépassait bien souvent celle de leurs vêtements personnels. L’habit, mais aussi le rôle et la considération dont chacun bénéficiait en cérémonie, tant de la part de la famille que de la mienne, formait un ensemble mettant en valeur chacun dans l’équipage. La mort souligne le caractère irréductible et essentiel de l’être humain. A mes yeux, tout devait être fait pour que le personnel soit bien psychologiquement et physiquement dans l’exercice de son métier.

C’était tout aussi évident que de respecter le défunt et sa famille tout comme, en tant que journaliste aujourd’hui, je vous respecte aussi.

Voilà ! Considérez qu’il existe constamment deux forces opposées dans le tissu social, l’une confortant le vivre ensemble et l’autre s’y attaquant. Bon vent donc à Catherine Laborde.

Quant à ces députés*d’aujourd’hui, qui considèrent que leur devoir est de rendre obligatoire le contraire de ce que pense et pratique la majorité des Français, il ne faudra pas qu’ils s’étonnent s’ils reçoivent eux-mêmes une fessée en 2017…

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