editorial, larmes

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A larmes égales

Il n’existe déjà plus un marché funéraire homogène mais bel et bien deux marchés superposés dont l’un, le nouveau, ne profite qu’aux enseignes nationales structurées.

Pour preuve : le nombre de décès augmente depuis plusieurs années mais pas l’activité de tous dans le métier, loin s’en faut.

Pour lutter contre cette tendance qui était prévisible, Monsieur Sueur avait poussé en décembre 2004 deux articles de loi ramenant très justement la hiérarchie de la loi civile (du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles) au-dessus des règles du Code des assurances, notamment en ce qui concerne l’attribution du bénéfice des contrats.

Sans critiquer l’utilité de cette avancée, force a été de constater qu’elle a été insuffisante : 4,1 millions de contrats existent en 2015 dont 900 000 désignent un opérateur avec OGF en qualité de bénéficiaire pour près de la moitié du stock.

Faites votre calcul. Si OGF n’organise plus aujourd’hui que 20 % des funérailles (dont une bonne part déjà en application de contrats obsèques), ce groupe flirte avec les 50 % d’applications prévues de contrats. Ces chiffres prouvent que la désignation sur contrat obsèques n’obéit pas à la même logique commerciale que celle qui gouverne encore aujourd’hui le choix d’un opérateur funéraire par les familles. Il y a donc une autre mécanique en marche et faut-il le signaler, l’avancée législative de décembre 2004 a eu pour effet pervers de réduire à néant toute démarche visant à vérifier si les règles protégeant la libre concurrence dans ce domaine sont respectées.

Il faut croire que cela ne dérange personne.

Or il n’y a pas que les contrats obsèques qui peuvent poser un problème concurrentiel demain. Très légalement et intelligemment, OGF est le leader incontestable des publicités sur pages Google avec recherche par mot clé. Il est aussi leader en terme de réponse structurée à la recherche des Internautes. Un tel constat n’est pas à la charge du groupe, au contraire.

Celui-ci a le mérite d’être agile en exploitant rationnellement les nouvelles logiques commerciales. En face, Funecap est en passe d’adopter une organisation similaire tandis qu’on peut aussi le penser pour le Choix Funéraire avec son entrée majoritaire au capital de Neptune, prestataire informatique.

Restent alors deux catégories d’intervenants :

- les services funéraires publics profitent du blindage administratif doublé avec plaques en céramique et bientôt renforcé par la synergie avec la Maison des Obsèques. Pour eux les outils de la survie sont ici, sur la table normée NF.

- les «privés», en revanche, sont dans une position plus délicate.

A ce stade, les effets de la mutation ne sont pas encore mortels (pour les entreprises…) mais ils programment sous quelques années, moins d’une décennie, la disparition de certaines et la stagnation des autres. L’urgence est alors de comprendre les clés futures du marché.

C’est pour cela que Funéraire Magazine vous propose une journée d’étude le 15 décembre prochain à Lyon (voir page 33). Elle aura aussi valeur de test pour nous.

Nous voulons savoir effectivement jusqu’à quel niveau vous êtes prêts à défendre votre avenir d’indépendants. Quelle est votre curiosité marketing ? Voulez-vous oui ou non connaître les règles nouvelles du jeu et entrevoir un début de stratégie profitable à tous ?

Si oui, rendez-vous à Lyon le 15 décembre…

 

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